C’est Marseille, Bébé !

LE rond-point de la bite

Ca ne faisait pas très longtemps que j’étais rentrée à Marseille et cet été-là, je n’avais pas arrêté de faire ce qu’on appelle communément ici la bringue.

Ca ne faisait pas très longtemps que j’étais là, mais j’avais déjà un tissu social particulièrement développé, clairement, une tonne de potes : qui depuis le collège, qui depuis Kemer 2008, qui depuis 3 semaines grâce aux connaissances de Kemer 2005, qui redescendus de Paris aussi depuis peu…

Ca ne faisait pas très longtemps que j’étais là et mes amis Nico et Romain avaient justement invité une ribambelle d’entre nous dans leur maison presque finie de Ceyreste, sur les hauteurs de La Ciotat, quelque part au beau milieu des pins et de l’après-midi.

C’est ainsi que nous décidons avec mon amie Carine d’aller déjeuner sur le port de La Ciotat avant de rejoindre les garçons pour y retrouver notre autre ami Guillaume, qui, lui devait nous rejoindre à moto d’Aubagne. Alors, ces détails logistiques peuvent vous sembler aussi utiles qu’un Marc Lévy dans la bibliothèque d’Etienne Klein (en livre ou en live), mais, croyez-moi, ils ont leur importance. Car Guillaume n’est pas fou : il est en moto d’abord parce qu’il aime ça et ensuite parce qu’il sait très bien que se garer à la Ciotat un samedi midi (ou un dimanche midi, je ne sais plus, mais peu importe) c’est l’enfer. Et c’est bien ce que nous sommes en train de vivre avec Carine : il y a autant de quoi se garer autour du Port de La Ciotat que de taille 38 chez IKKS le dernier jour des soldes ou de place à prix raisonnable une veille de Clasico OM-PSG (et comme dirait Bengous : « S’faire encadrer, le PSG !! »).

Après avoir fait trois ou quatre fois le tour du Port, enfin, surtout des rues autour, vu que le port est piéton, la hargne commence à nous gagner lorsque, au sortir d’un petit rond-point, nous voyons une voiture entrer dans une zone a priori réservée aux détenteurs de bateaux. Mais qu’à cela ne tienne : on a un déjeuner au soleil en attente, c’est largement considéré comme un cas de force majeure ici.

Entre cette voiture et nous, s’avancent des piétons que nous laissons passer (la force majeure n’octroie pas un permis de tuer les passants non plus, n’exagérons rien). Et là, c’est ce qu’on peut appeler le drame : alors que nous laissons papy et mamy avancer devant nous, nous entendons un gros craquement sous la voiture, comme si elle venait de se prendre un uppercut de Mike Tyson du temps où on le voyait davantage sur les rings que dans les films d’enterrement de vie de garçons. Et Carine de me regarder, effrayée : « C’est quoi ça ? ».

Descendues du véhicule, nous constatons les dégâts : le plot, la bite donc, le zgueg, comme on dit ici, de fermeture du parking est remonté dans la voiture. La Golf vient donc de se faire démonter le fond. Et, aussi sûrement que si ça avait été Rocco Siffredi avec une jeune vierge sans vaseline, on sent que ça lui a plu moyen.

Carine commença à paniquer : c’est que c’est la voiture du bureau. Elle a quand même la présence d’esprit d’appeler son assurance et une dépanneuse, alors que moi, je reste assise sur l’une des autres bites, remontée (la bite), aussi utile qu’une émission de Cyril Hanouna, une candidature d’Eric Zemmour ou un avis d’Afida Turner sur n’importe quel sujet. Ou l’inverse.

De son côté, Guillaume, qui nous avait rejoint entre temps, a les idées un peu plus claires puisqu’il nous propose de rentrer poser la moto à Aubagne et revenir en voiture (vous les comprenez les détails logistiques précédemment cités, là ?) : outre le fait que le barbecue chez les garçons s’annonçait compliqué, il s’agissait aussi de pouvoir rentrer chez nous à un moment ou à un autre. Et même si la gare de La Ciotat est bien connue pour ses trains qui arrivent grâce aux frères Lumière, je crois que l’idée d’utiliser les services de la SNCF ne nous traverse même pas l’esprit.

Au bout d’un moment, mon cerveau décante, et je me dis que ce serait bien de boire un petit quelque chose en attendant (d’aucuns auront remarqué que j’ai toujours eu le sens des priorités). Je me pointe donc dans le premier bar venu sur le port. Une dame est assise sur une chaise dans un coin, toute de noir vêtue, embarquant plus d’or dans sa bouche que tous les rappeurs West Coast et East Coast réunis. Son râtelier affichant complet, elle avait mis le reste du stock d’or de la Banque de France autour de son cou et de ses doigts, faisant passer Mister T. pour le mec qui ne sonne pas aux portiques des aéroports. Et de comprendre que je suis bien dans le temps des Gitans.

Je demande deux bouteilles d’eau, pour moi et un 51, pour Carine à emporter : le serveur me regarde comme si je venais de lui demander d’arrêter les Gipsy King à la radio. Je bois un peu d’eau dans l’une des bouteilles et verse le 51 dedans pour le ramener. Alors là aussi, je vois déjà les excités du fond lâcher les cartes pour me tomber dessus à grands cris : « Et c’est pas comme ça qu’on fait un fly, espère de parisienne. On met d’abord le pastis, puis l’eau et APRES on met les glaçons sinon, ça cristallise ». Détendez-vous les gars, c’est cas de force majeure.

Je reviens à la voiture et tends la bouteille à Carine, dont la couleur ne laisse aucun doute sur le contenu, surtout que son fly tient vraiment du yaourt : elle rigole enfin, voyant que s’il ne m’était restée qu’une idée en tête, c’était loin d’être la moindre. Je la détends encore plus en lui racontant le remix de Snatch que je venais de vivre dans le bar, dont il ne manquait plus que la caravane en feu.

Deux pastis plus tard, la dépanneuse arrive, Guillaume revient d’Aubagne et nous pouvons enfin manger un morceau quelque part. Ce ne sera cependant pas sur le port qui affiche complet après toutes ces péripéties. Mais Guillaume saura nous rappeler que nous sommes bien en Méditerranée en commandant une daube de poulpe. Et quand je vois arriver des tentacules en sauce dans une assiette avec des pâtes, ça m’intéresse autant à l’époque, que des pieds et paquets ou une andouillette, l’odeur en moins.

Et nous finissons par rejoindre les garçons à Ceyreste. Ouf.

 

Depuis, la Golf a été réparée (et changée).

Depuis, j’aime le poulpe et je le mange sous toutes ses formes même si c’est un de mes animaux préférés et je ne saurais que trop vous conseiller l’excellent et hypnotisant podcast de Jean-Claude Amiesen sur cette bestiole incroyable.

Depuis, je n’ai plus jamais tenté de manger sur le port de La Ciotat.

Depuis, le petit rond-point s’appelle le Rond-Point de la Bite. La logique locale aurait voulu qu’il s’appelle le Rond-Point du Zgueg, surtout après les dernières chroniques d’un certain Médéric Gasquet Cyrus sur France Bleu Provence.

“Ce n’est pas la destination mais la route qui compte.” (proverbe gitan – si,si)

C’est Vars, bébé

Depuis des années, la station de ski Vars, bien connue des Marseillais qui en ont marre de tourner en rond à Pra-Loup, a l’habitude d‘ouvrir la saison en grande pompe début décembre à coup d’animations et autres concerts gratuits.
Depuis des années, Vars ouvre en grande pompe et c’est l’occasion en général de partir en famille ou entre mais pour attaquer la saison de ski du bon pied, ou plutôt, de la bonne spatule.

Travailler, c’est trop dur

Au risque de ma fâcher avec une partie de la population ici, je vais affirmer haut et fort que travailler à Paris et travailler à Marseille, c’est pas pareil. Et j’ai bien conscience d’enfoncer une sacrée porte ouverte en commençant ma chronique de la sorte.
Au risque de me fâcher avec une partie de la population, donc, oui, je le dis : je me demande comment ça se passe dans la tête de certains ici. Vraiment. Jugez plutôt.

Bougez avec la Poste

En revenant habiter à Marseille, ce n’est pas tant avec l’administration en général que j’ai entamé une série de déboires, qu’avec la Poste en particulier. Et je me retiens de dire cette encatanée de ses morts de la Poste. D’abord parce que ce n’est pas mon genre de monter dans les tours rapidement (!). Ensuite… ben je ne sais pas… Parce que franchement, ça mérite.

Life vest under seat

Quelque part au milieu de 2014 je suis rentrée à Marseille et, allez savoir pourquoi, je sentais bien que vouloir redescendre à Marseille en ayant passé le début de ma vie d’adulte à Paris s’annoncerait, comment dirais-je… coton ? Pas piqué des vers ? Tarpin compliqué ? Putain qué pas facile ? Oui, voilà, putain qué pas facile.

En voiture, Simone !

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, en 2014, je suis rentrée à Marseille, après 22 ans passés à expliquer aux parisiens qui c’était dégun, pourquoi les tables des cafés péguaient et que non, pour les Rois, ton espèce de personnage en porcelaine de plastique, c’est pas une fève c’est un sujet. Sans succès.

Owe y’avait Roland Garros

J’ai eu mon premier client marseillais avant même de me réinstaller ici, voire de décider de rentrer, mais si on m’avait dit comment ça se passerait, croyez-moi que j’aurais décliné l’offre et pas qu’un peu. Mais, candide que j’étais, ça me faisait plaisir de mettre un peu un pied dans le sud de cette façon.

Nager en paix

Alors que je nageais beaucoup à Paris, lorsque je suis arrivée à Marseille j’ai presque arrêté. Je ne vais pas vous faire un énième couplet sur les coutumes locales en matière de piscine : le comique de répétition, c’est comme l’accordéon, ça va bien cinq minutes. J’ajouterai simplement qu’en 2015, je n’étais pas encore prête psychologiquement à vendre mon dernier rein pour financer une année d’abonnement au Cercle des nageurs. Sans compter qu’à l’époque, je n’avais pas les deux parrains nécessaires au soutien de ma candidature à cette institution que je pensais particulièrement huppée (alors qu’au final…)

Je sais pas, j’ai pris n’importe quoi…

Ca fait maintenant quelques années que je n’achète plus de voiture : je les prends en leasing. Ce qui présente le double avantage de ne plus envisager de réparations (sauf quand je décide de vérifier que le pare-chocs du Range devant moi est vraiment aussi costaud qu’on le dit – et il l’est, je vous le confirme) et de changer de véhicule tous les trois ans.

Voyage en terre inconnue

Il y a quelques années, à cause d’une lentille de contact, je me retrouve avec un double abcès dans l’œil. Œil gauche ou œil droit, je ne sais plus, mais c’était le constat fait par les urgences de nuit de La Timone après une demi-nuit passée à envisager l’auto-énucléage à la cuillère à soupe, tellement j’avais l’impression de me frotter des parpaings dans l’œil (j’avais dépassé le stade de la sensation de sable depuis longtemps).

2022 : Paye tes voeux !

Les vœux, ça se souhaite entre le 1er et le 31 janvier. Ni après, ni avant : si après l’heure, c’est plus l’heure, avant l’heure, ça ne l’est pas non plus. Les vœux, ça se souhaite entre le 1er et le 31 janvier, mais rien n’empêche de les préparer avant…. Parce qu’à...

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